Le projet (transcript)

Bonsoir,

Je m’appelle Jean. Dans ce blog que j’ai créé, j’ai comme projet de parler de la country music, de vous proposer d’écouter des chansons qui ont marqué l’histoire de cette musique. Ces chansons, c’est moi qui les interprète. Je les commente et je les traduis parfois en toute modestie, avec l’aide et la coopération de quelques amis musiciens que je citerai bien sûr chaque fois que cela sera nécessaire. Mon propos sera ponctué par des extraits d’un blues des années vingt du siècle dernier. Son titre : T for Texas. Il a été composé et interprété par Jimmie Rodgers. C’est une évidence de commencer par cet artiste et je vous en expliquerai les raisons dans le premier blog qui lui sera consacré.

De la country music, donc. Oui, d’accord, mais laquelle ? Elle est née à la fin du dix-neuvième siècle dans ces États du sud-est des USA. À cette époque, une région montagneuse, elle l’est restée, mais alors très reculée et très pauvre. Aujourd’hui, cette musique, elle a conquis la planète, au risque malheureusement d’y perdre son âme. Cette âme qui est le reflet d’une culture, celle de ce sud profond des États-Unis de cette époque déjà très lointaine. Je vais essayer de dresser le portrait robot du chanteur country qui, selon moi, représente l’archétype de cette culture parce qu’il a grandi dans son atmosphère. Il en est le fruit, il est authentique et c’est cela qui, je le crois, le rend si intéressant et singulier. J’essaierai de vous dire pourquoi au cours de mes interventions.

Il est donc né à la toute fin du dix-neuvième siècle ou dans la première moitié du siècle suivant. En gros, avant ou juste après la Seconde Guerre mondiale. Il est aussi né dans le Sud, dans un de ces États qui ont fait partie de la Confédération lors de la guerre de Sécession qui s’est terminée en 1870. Ce n’est pas si loin hein, ne l’oublions pas. Cette confédération, elle formait un arc qui s’étend du Texas à l’ouest jusqu’aux Appalaches à l’est. Le milieu qui le voit grandir est modeste, parfois très pauvre. Son éducation est sévère, car profondément religieuse, mais son parcours scolaire est très rudimentaire. Il travaille et ceci est très important dans son parcours.

Très jeune, parfois dès l’âge de douze ans, des travaux manuels souvent pénibles, sur des chantiers, le chemin de fer est en pleine expansion, dans les champs de coton, les scieries, les mines et il apprend très tôt à écouter aussi bien des balades irlandaises, des chants religieux, mais aussi le blues des Noirs qu’il côtoie dans son travail. Comme tout Américain de cette époque, il est à la recherche d’une vie meilleure. Il est à la recherche du plaisir, mais sous le regard de Dieu qu’il craint, il fautera bien sûr. L’homme est faible, nous le savons tous, mais il sera toujours à la recherche de la rédemption et c’est ce qui le rend à mes yeux intéressant. Une certaine rigidité dans les principes, mais en même temps, il est souvent d’une grande humanité, car il sait ce qu’est le péché et il connaît la valeur du pardon.

Vous avez bien compris que dans mon panthéon, vous ne trouverez pas Taylor Swift, Beyoncé, ni Dwight Yoakam et tant d’autres. Non pas parce qu’ils n’ont pas de talent. Certains sont d’excellents chanteurs ou des showmen ou showgirls remarquables, mais ils n’ont pas ce background indispensable, cette sensibilité qui fait de cette musique et de ces textes un art si proche de ce que l’on a parfois coutume, bien à tort, d’appeler le petit peuple. Et c’est cela qui fait que cette musique est aussi authentique que le blues des origines. Je viens de parler de background, celui bien sûr que possédait au plus haut point Jimmie Rodgers, Hank Williams, Johnny Cash et quelques autres, moins connus peut-être, que nous allons apprendre à connaître un petit peu mieux.

Encore un mot avant de terminer, pour ce soir. Vous avez sûrement remarqué que je cite des noms de chanteurs et aucun de chanteuse. Si je ne me risque pas dans le répertoire féminin de la country, ce n’est pas parce que je les trouve moins talentueuses, ces chanteuses. Dolly Parton avec Coat of Many Colors ou Bobby Gentry avec Ode To Billy Joe, pour ne citer qu’elles, ont composé et interprété des chefs-d’œuvre absolus. Ou encore Loretta Lynn avec Tomorrow Never Comes, qu’elle chante avec une force et une conviction impressionnantes. Simplement, je ne me sens pas capable de vous en donner la moindre idée. Le voyage que je vous propose dans le si vaste univers de cette musique est partiel, subjectif, avec pour limite mes goûts et mes insuffisances. C’est juste un simple éclairage, le mien. Voilà, j’ai terminé mon petit laïus. J’espère ne pas avoir été ni trop long et ni trop sentencieux. À bientôt.

Wichitafalls Country Songs